Elections et représentation au sein d'un établissement
Chaque année, juste avant les vacances de la Toussaint, se déroulent dans établissement du secondaire des élections. Il s'agit d'élire les représentants au conseil d'administration. Ce scrutin concerne à la fois les élèves, les familles et les membres du personnel (enseignants, assistants d'éducation mais aussi agents d'entretien, de restauration et administratif).
Il n'est pas rare, pour ne pas dire courant, que ces élections n'attirent pas les foules... Pourquoi ?
Certains soutiendront notamment que c'est tout simplement parce que le conseil d'administration n'a pas de "pouvoir".
C'est, à mon sens, une erreur majeure.
Le conseil d'administration est l'organe décisionnaire d'un établissement. Certes un collège ou lycée ne maîtrise pas ses recettes principales qui viennent de l'Etat et des collectivités territoriales (et bien dans cet ordre là) mais il décide des utilisations faites de ces fonds et moyens.
Il est à noter, également, que ce sont ceux qui, les premiers, disent que le conseil n'a pas de pouvoir qui demandent, en même temps, un plus fort cadrage national !
Le conseil d'administration est le, seul, lieu d'échanges et de discussions où se retrouvent simultanément les différents acteurs d'un établissement scolaire. C'est aussi ce qui en fait sa "valeur". Si tant est que chacun joue son rôle. Par là, j'entends que chacun intervient comme un véritable porte-parole des personnes qu'il représente. Il ne s'agit pas de relayer "platement" des consignes venues dont ne sait où et qui ne correspondent pas nécessairement à la situation locale du collège ou du lycée. Il ne faut pas confondre les lieux d'expression et de décisions.
Nous confondons souvent les enjeux. Refuser une répartition budgétaire ou des moyens horaires au motif que nous ne sommes pas satisfaits de la quantité de moyens attribués, n'apportent pas grand chose et pénalise plus les membres du conseil qui se réuniront de nouveau quelques jours plus tard sur la même question. Tout au plus pouvons-nous aller jusqu'à l'extrème et "renforcer" le pouvoir du chef d'établissement qui, en cas de double refus de la répartition des moyens hoaraires, l'arrête alors seul. Pour certains qui sont opposés au "pouvoir" (soit disant grandissant, voire excessif, du chef d'établissement) je trouve cela assez cocasse ! Ne pas oublier que le chef d'établissement n'est "que" l'éxécutif des décisions du conseil d'administration...
En revanche, si le travail est bien réalisé en concertation, en utilisant les lieux institutionnels (conseil pédagogique, commission permanente) comme des moments de réelles discusions alors, il est très souvent possible de construire une politique d'établissement au service de la réussite des élèves de l'établissement. Les expériences que j'ai eues jusqu'à présent le montrent. C'est d'ailleurs aussi bien plus agréable pour l'ensemble des intervenants de l'établissement.
Pout toutes ces raisons, il apparaît que le conseil d'administration est un véritable organe décisionnaire et qu'il serait vraiment regrettable ne pas le considérer comme tel notamment, en ne participant pas au scrutin amenant le choix des représentants !