Refondons l’Ecole ! (propositions)

Après les constats il est nécessaire de passer aux propositions sinon nous resterions, une nouvelle fois, au milieu du gué !

 

Quelques principes ont guidé ce « catalogue » de propositions : faire progresser le plus grand nombre de jeunes, remettre en place des équilibres (rythme et calendrier scolaires, programme notamment) qui entrainent des conséquences pratiques sur le fonctionnement de l’institution scolaire.

 

Les principes

 

Le premier élément auquel nous croyons fondamentalement est le socle commun de connaissances et de compétences. Peu importe le nom que nous lui donnons en revanche ce qui est fondamental est bien de définir ce qui est nécessaire pour prendre sa place comme citoyen. Il ne faut pas revenir à ce qui prévalait jusqu’à présent qui équivalait à ce que l’état de la recherche fondamentale conditionne les programmes de l’Ecole maternelle !

Qu’il y ait discussion sur le contenu me paraît normal et nécessaire mais sans perdre le point de vue initial !

 

Le cursus

 

Partant de là nous envisageons la construction d’une école fondamentale amenant l’acquisition de ces compétences et savoirs. Nous verrions bien un lieu unique pour ce cursus. Cela amènerait une « division » en trois cycles : école maternelle, cycle fondamental, cycle d’approfondissement (spécialisation). Si nous gardons les bornes actuellement en vigueur cela donnerait : 3-6ans pour le premier, 6-16ans pour le deuxième (avec un allongement d’une année par rapport au parcours école élémentaire/collège actuel) et 3 ans pour le cycle d’approfondissement.

Le dernier doit permettre, à égalité de valeur, un approfondissement (une spécialisation) dans un cursus à visée  longue ou courte, à démarche plus intellectuelle ou à finalité plus technique.

 

Jusqu’à la fin du cycle fondamental la progression ne doit pas se faire de manière uniforme pour l’ensemble des jeunes. Ce qui doit prévaloir est la progression de chacun en vue de l’atteinte de l’objectif d’acquisition du socle par tous ! La notion de doublement doit disparaître. Parmi les moyens de réalisation de l’objectif est la mise en  place d’un enseignement par modules. Il peut y en avoir de deux catégories les « indispensables » et d’autres (accompagnement, d’ouverture ou bien encore d’approfondissement par exemple). Parmi les premiers nous incluons un parcours de construction du projet personnel afin de préparer la sortie du cycle fondamental). Il faut sortir d’une orientation par l’échec.

 

Le calendrier, les rythmes scolaires

 

Nous n’envisageons là que deux possibilités : soit un calendrier uniforme sur l’ensemble du territoire soit un étalement. Dans un cas comme dans l’autre cela entraine des conséquences dans le fonctionnement général du pays. Nous avons une préférence pour l’étalement. Toutefois nous ne croyons pas à une répartition sur plus de deux zones. Au-delà, des événements calendaires auxquels sont attachés les français ne trouveraient plus leur place (nous pensons notamment à des fêtes associées à des regroupements familiaux).

 

Cela remet également en cause l’organisation de l’examen final du cycle d’approfondissement qu’est le baccalauréat sur des dates identiques sur tout le territoire. Cela doit toutefois être gérable dans la mesure où nous avons déjà connu des sujets différents par groupements d’académies ainsi que des dates décalées pour des territoires ultra-marins.

 

Nous souhaitons la mise en place d’une alternance de type 7-2, sept semaines de cours puis deux semaines de vacances. Par ailleurs nous visons un allègement du nombre de séquences d’enseignement par jour jusqu’à la fin du cycle fondamental. Les modalités horaires quotidiennes sont à affiner (fin anticipée des cours vers 15h3/16h ou bien coupure longue en cours de journée). Cela suppose une réduction de la durée des vacances d’été. Ce point est à mettre en lien avec la définition des contenus et compétences à acquérir et donc des besoins nécessaires en temps pour les acquérir !

 

Les personnels

 

Si nous arrivons à une organisation du cursus allant dans cette direction des évolutions sont indispensables au niveau des définitions des missions/fonctions des personnels. Qui intervient sur chacun des niveaux ? Inévitablement la question du pilotage de l’institution scolaire apparait également.

 

Nous souhaitons une simplification des « statuts » des personnels enseignants allant de pair avec une définition claire des missions, des rôles et des perspectives éventuelles de carrière. Une fois ces éléments définis il pourra être question de la construction du parcours de formation des futurs enseignants. Pour le premier point les dix domaines d’intervention actuellement définis pour les enseignants nous paraissent être une bonne base d’élaboration de l’identité professionnelle des enseignants.

 

Notre proposition va à une définition de corps unique d’enseignants propres à chaque cycle d’intervention. A côté des professeurs des personnels peuvent assurer des tâches complémentaires (direction d’établissement, soutien « technique », gestion…) les profils pouvant varier suivant les niveaux d’intervention.

 

Sur la « carrière » il doit être possible de proposer une double progression : dans le domaine de l’enseignement ou le fonctionnement du système. Dans le premier cas nous plaçons des missions de formateur, de tutorat de jeunes enseignants ou bien encore de responsabilité de « département » disciplinaire dans un établissement. Dans le deuxième nous plaçons des missions de pilotage d’un établissement (adjoint, avec éventuellement pluralité, avec des décharges partielles d’enseignement puis chef d’établissement, nous plaçons là une priorité d’accès aux enseignants pour l’accès à ces fonctions) ou d’inspectorat.

 

Le recrutement actuel sous forme de concours peut être maintenu. Le contenu et les modalités sont à redéfinir. Le caractère national tel que nous le connaissons aujourd’hui doit-il être maintenu ? Il ne satisfait pas autant qu’on pourrait le supposer. Il en est de même de la gestion des personnels au sens large. Là encore le fonctionnement actuel est-il le plus pertinent ? Probablement pas. L’équilibre entre possibilité de mobilité et régionalisation est à trouver… Il en est de même sur le « qui » ou le « comment » recruter. Pour notre part nous mettrions plus en avant les projets d’établissement. Nous ne désirons plus que le caractère de proximité géographique soit aussi prépondérant qu’il ne l’est aujourd’hui. Cela introduit le point suivant de notre réflexion.

 

Le pilotage du système d’enseignement

 

La tradition française est d’avoir un système très centralisé. Non seulement très centralisé mais avec un fonctionnement très dissymétrique du haut vers le bas. Depuis les premières lois de décentralisation une rupture avec cette tradition a eu lieu. Toutefois les anciens « reflexes » reviennent très facilement. Si nous entendons parler de déconcentration, d’autonomie des établissements et de dialogue de gestion entre les différents niveaux c’est encore à doses très légères. Cela pose également la question de ce qui relève du domaine régalien ou pas ?

 

Nous sommes partisans d’une véritable évolution vers l’autonomie et le dialogue. Nous espérons que les différents niveaux reconnaissent la « valeur » de l’interlocuteur. Il nous faut absolument sortir de la méfiance ou de la discussion administrative qui suppose de demander toujours plus et beaucoup plus pour espérer avoir un peu ou au moins maintenir ce dont nous disposons !

 

La méfiance se trouve également sur le « rapport hiérarchique ». Ce qui vient « d’en haut » est suspect. Nous sommes très rapidement catalogués dans la catégorie des « petits chefs ». Renversons cette situation et passons à un rapport de confiance réciproque. Nous sommes, tous, là pour la réussite des élèves, point. Si nous pouvons l’obtenir en nous faisons plaisir tant mieux ! Cela ne peut pas s’obtenir dans un contexte de suspicion généralisée…

 

Plus globalement cela ne peut être atteint qui si la confiance entre la société (la Nation) et son système d’enseignement (et donc ses acteurs) existe ! D’où l’importance de la démarche actuelle et de sa réussite…

 

Revenons au pilotage du système. Nous voyons une nécessité de cadres nationaux : objectifs, organisation du cursus, du référentiel des missions des enseignants, de diplômes nationaux et donc contrôle. C’est la base. Les autres éléments sont susceptibles de discussion. Nous espérons encore un statut national pour les personnels enseignants et cadres avec toutefois une marge plus importante pour les niveaux. Faut-il conserver l’ensemble de la stratification administrative : ministère, académie, départements, établissements ? Ne faudrait-il pas revoir cette pyramide ? Quelle place pour les bassins, les districts ?

 

La discussion d’une nouvelle organisation est indispensable dans le schéma que nous proposons. Nous envisageons un phénomène de concentration à un niveau supérieur (rectorat, à rapprocher des territoires régionaux) et de rapprochement du terrain avec le renforcement des bassins (espace dans lequel serait établie la carte des formations). Enfin, au niveau de l’établissement nous verrions bien le projet d’établissement devenir un document « opposable ». Il serait nécessaire d’y adhérer pour exercer dans la structure. Il doit décliner la mise en œuvre locale de la politique globale. Il « s’impose » au personnel et est connu des usagers.

 

Conclusion ?

 

Nous le voyons le champ est vaste. C’est en cela que nous sous sommes un peu perplexe quant à la durée accordée pour la réflexion en vue d’une refondation. Il est plus que probable que nous assistions à un « toilettage » de la situation actuelle. Une refondation est un concept très large qui nécessite à la fois une participation de très nombreux intervenants. Ce n’est pas suffisant, encore faut-il une réelle volonté d’envisager l’ensemble des questions soulevées et d’accepter une pluralité de point de vue. Ensuite, des compromis, des adaptations sont indispensables par rapport aux visions particulières de chacun.

 

Notre contribution n’est que cela, nous n’avons certainement pas la prétention de détenir LA solution. En revanche, il nous semblait indispensable, en tant que participant à ce système, de mener une réflexion sur des évolutions possibles convaincu que nous sommes de l’inadaptation du fonctionnement actuel…

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