16 ans ?!
L’élément sur lequel je veux m’attarder aujourd’hui est la limite d’âge fixée par la loi pour l’obligation d’instruction. Actuellement un jeune doit être instruit entre 6 et 16 ans.
Justement ces jeunes de 16 ans où sont-ils ?
S’ils ont suivi un parcours “classique” ou “normal”, ils doivent suivre (ou poursuivre) une classe de seconde mais ils peuvent être en première ou troisième (exceptionnellement en quatrième). Nous voyons donc là qu’ils sont majoritairement en lycée (ou équivalent). C’est à mettre en parallèle avec le socle commun de connaissances et de compétences qui, lui, doit être validé pour le diplôme du DNB à la fin du collège.
Nous avons donc là un premier hiatus entre l’âge de fin de l’instruction et la validation du socle qui est l’objectif fixé par la Nation à son système d’enseignement ! Il y a discordance également en terme de structure : lycée suivant le critère d’âge, collège pour le second !
Qu’est-ce qui prévaut ?
Question sans valeur diront certains, il faut viser “haut” et donc amener l’âge de l’instruction à 18 ans. Je ne pense pas que la réponse soit de cet ordre mais qu’il importe beaucoup plus de savoir ce qui est mis derrière. Aller à 18 ans, pourquoi ? Comment ?
Qu’en est-il de l’école du socle ?
A priori, actuellement on vise la mise en place de dispositif. Sous une dénomination qui laisse entendre une structure autonome nous n’en avons en réalité, aucune ! On s’oriente vers un montage complexe qui me parait délicat à organiser et à faire vivre.
Une nouvelle fois plutôt que de remettre à plat le système globalement et de lui donner une cohérence on préfère une nouvelle superposition. Pour reprendre une expression récemment entendue, on contribue à notre niveau, Education nationale, au “lasagne” institutionnel !
Ne pourrions-nous pas simplifier tout cela ?
Propositions :
- laisser l’âge d’instruction de 6 à 16 ans (voire en passant à une scolarisation sur cette période),
- adapter les parcours en trois phases : préélémentaire, élémentaire (voire fondamental) et secondaire supérieur,
- adapter la structure des établissements,
- adapter la formation des personnels (enseignement, éducation et direction).
Pourquoi cette simplification ?
Il s’agirait principalement de mettre en cohérence les différents éléments composant les parcours scolaires. Très concrètement, aujourd’hui, en terme d’orientation, nous rencontrons des difficultés en fin de collège. Nous visons une fluidité des parcours et c’est très bien ainsi. Toutefois un jeune de collège qui souhaite un lycée professionnel ou qui veut aller vers une formation par alternance, rencontre des obstacles du fait qu’il n’a pas atteint les 16 ans !
Par ailleurs, à certains esprits chagrins qui verraient dans mes propositions un “appauvrissement” des acquis scolaires, je ferai remarquer que je pousse le collège unique, tel que nous le connaissons actuellement, d’un an ! Nous pouvons imaginer aussi de garder un “lycée” à trois ans et donc pousser la formation là encore d’un an !
Il reste encore à définir ce que nous faisons dans cette nouvelle organisation. Enfin nous reposerions à plat ces questions fondamentales plutôt que de réaliser des toilettages ou des réformettes qui au final, n’amènent très souvent des incohérences et de la complexité !...