Evaluation des enseignants
C'est le dernier sujet de cette année 2011 qui a "secoué" le monde de l'Education nationale. Pensez, il a été le motif d'une de ces journées de grève que nous connaissons tant...
De quoi s'agit-il ?
Le ministère propose de revoir,en profondeur, le mode d'évaluation des enseignants...
Le point de départ est le constat partagé par un grand nombre de personnes que les inspections telles qu'elles sont pratiquées actuellement ne correspondent plus à grand chose et amène fort peu de changement dans les pratiques et les évolutions professionnelles.
La proposition formulée par le ministère amène plusieurs changements parmi lesquels :
- la quasi disparition des inspecteurs pédagogiques régionaux (dans le secondaire) du processus d'évaluation,
- le rôle central pour ne pas dire primordial du chef d'établissement dans la nouvelle mouture,
- la rédéfinition des critères d'appréciation,
- les conséquences de cette évaluation.
Je ne reviendrai pas ici sur ce que je pense de l'inspection et du rôle que le chef d'établissement peut jouer dans le processus d'évaluation, j'ai déjà eu l'occasion d'apporter ici mon point de vue. Non, aujourd'hui je voudrais m'attarder, par ce biais, sur ce que pourrait être le fonctionnement d'un établissement et une évolution professionnelle.
Actuellement, à la tête d'un établissement est placé un personnel de direction (principal ou proviseur) aidé d'un adjoint gestionnaire et éventuellement d'un ou plusieurs chefs d'établissement adjoints... Sont présents également dans certains établissements des chefs des travaux ou directeur de SEGPA (section d'enseignement général et professionnel adapté) qui sont associés à l'équipe de direction. Enfin, les conseillers principaux d'éducation peuvent collaborer aux travaux de cette équipe...
Pour ma part, je verrais bien une évolution vers la suppression du poste de chef d'établissement tel que nous le connaissons actuellement. Nous pourrions avoir plusieurs enseignants, déchargés partiellement de cours, associés au chef d'établissement. Ces postes deviendraient des emplois à profil. Les candidats seraient "sélectionnés" conjointement par un collectif regroupant des IA-IPR et chefs d'établissement. Les premiers valideraient la qualité pédagogique disciplinaire et les seconds un intérêt et un investissement dans l'établissement.
Il ne s'agirait pas d'un recrutement par concours mais plus sur liste d'aptitude.
Ces personnes deviendraient alors "naturellement" le vivier des futurs "cadres" du système d'enseignement avec une évolution possible soit vers l'inspectorat s'ils veulent rester dans leur champ disciplinaire soit vers la direction d'établissement. Les modalités d'accès à ces fonctions seraient à définir (concours comme actuellement ou autre...).
Ils pourraient également participer à l'évaluation des enseignants de l'établissement conjointement avec le chef d'établissement. Cela permettrait d'avoir un regard disciplinaire dans cette démarche tout en ne sollicitant pas systématiquement les inspecteurs qui ne sont pas en nombre suffisant par ailleurs pour s'intégrer dans un dispositif prévoyant une évaluation sur un rythme de fréquence plus élevé qu'aujourd'hui. Ceux-ci interviendraient en revanche obligatoirement si un enseignant souhaite évoluer vers les postes d'adjoint au chef d'établissement.
Ce n'est pas exactement la proposition telle qu'elle est formulée par le ministère. Toutefois je ne suis pas le seul à l'évoquer (notamment J.-L. Auduc, ancien directeur d'IUFM).
C'est une proposition et non pas, non plus, une opposition ferme et définitive à ce qui vient de l'institution comme le font trop souvent, pour ne pas dire systématiquement les organisations syndicales...
Dans ce domaine comme dans d'autres le ministère vient encore de reculer partiellement en repoussant à janvier 2013 les changements de mode d'évaluation des enseignants. Encore, encore... Quant allons-nous vraiment aller sur ce sujet pour faire bouger les choses ?