Un éternel recommencement !

Publié le par perdir01

Un internaute a repéré sur le site de l’INA une vidéo particulièrement instructive…

 

Il s’agit de l’interview d’un proviseur réalisé en… 1973. Les propos paraissent particulièrement actuels : allègement des programmes et taille des établissements (points de départ de la séquence) mais aussi, au fil des échanges, autonomie du lycée, rôle du chef d’établissement !

 

Tous ces sujets font encore débat aujourd’hui près de 40 ans après. Il est toujours question de la définition des programmes avec les réactions que cela provoque autour de la question de la baisse du niveau. Il n’y a qu’à lire ou écouter ce qui se dit sur le socle commun ou bien à propos de la réforme des lycées.

Il en est de même avec l’autonomie des établissements et son corollaire qu’est la définition du rôle du chef d’établissement.

 

La différence, que je noterais personnellement, est certainement une baisse du volontarisme dans la prise de décision au niveau institutionnel ainsi qu’un raidissement des positions syndicales. Nous arrivons aujourd’hui à un blocage de plus en plus fort par rapport aux propositions. Nous sommes là dans une situation où tout le monde (ou presque) est d’accord sur le diagnostic que cela ne peut plus durer comme actuellement. En revanche, dès qu’il s’agit d’aborder la question de ce qui doit évoluer, il y a un schisme évident entre l’institution et une grande part des personnels.

 

Pour ma part, je pense que nous avons des éléments archaïques dans nos modes de fonctionnement. Il n’est pas envisageable de camper sur des positions reposant sur des éléments définis il y a 60 ans ou plus. Une structure qui n’évolue pas (ou plus) court à l’échec. Il est vrai aussi qu’il faut éviter les changements permanents. Or nous sommes dans cette situation !

 

Il est vrai également que si nous sommes dans cette logique d’évolution permanente cela provient probablement, aussi, d’une impossibilité de proposer des changements en profondeur en un seul « paquet ».

 

Il existe au sein de notre institution des sujets tabous ou hyper sensibles qu’il est très difficile d’évoquer sans provoquer des réactions proches parfois de l’hystérie ! La plus emblématique de ces questions est celle concernant la définition du « statut » des enseignants. A celle-ci peut se rajouter celle du fonctionnement d’un établissement scolaire (premier et second degré)…

 

Nous sommes également dans une impossibilité de penser un projet global de peur de se heurter à des oppositions de principe concernant ces sujets sensibles. Alors, depuis maintenant une trentaine d’années, nous tournons autour. Les débats concernent des questions apparaissant comme périphériques.

 

Personne n’est vraiment dupe.

 

Il n’est qu’à se reporter au dernier en date concernant les rythmes scolaires. Une nouvelle fois le constat est unanime : cela ne fonctionne pas. Mais lorsque les propositions arrivent pour évoluer nous devons, alors, aborder des questions qui fâchent : cadrage national ou adaptation locale possible, évolution des horaires quotidiens, hebdomadaires, (re)définition des programmes, de la présence et des missions des personnels…

 

Allons-nous devoir nous diriger vers un blocage lourd de notre institution pour que les choses bougent ou bien l’ensemble des partenaires acceptent de discuter franchement pour le bien de la progression des jeunes ?

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Publié dans Education

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