Préparation de rentrée
Il ne faut pas se voiler la face, ce qui se dit dans les médias nationaux et dans les discours politiques se vérifient au niveau des établissements.
Il est annoncé 16 000 suppressions de postes dans l'éducation nationale, cela se traduit par une disparition de 220 postes dans l'académie où je me trouve.
Concrètement, dans mon établissement, les conséquences sont à la fois très visibles et diffuses. Cela se voit très concrètement par une baisse d'une vingtaine d'heures de la dotation qui nous est alouée mais lorsque nous répartissons ces heures entre les disciplines et les niveaux il ne devrait pas y avoir de suppression de poste !
Comment obtenons-nous ce qui peut apparaître comme un tour de "passe-passe" ?
Dans chaque établissement du département, nous procédons par étapes successives :
- arrêt des effectifs pour la rentrée suivante (au global pour l'établissement et par niveau de classes),
- notification d'une dotation horaire (détaillée en heures postes, heures supplémentaires années et, nouveauté cette année, heures supplémentaires effectives (mise en paiement au moment de la réalisation de cette heure),
- ventilation de cette enveloppe entre les disciplines et les divisions.
Il appartient donc à chaque établissement d'établir sa "structure" : nombre de divisions, nombre de groupes. Ainsi ce ne sont pas nécessairement des postes entiers qui disparaissent mais des fractionnements de service sur plusieurs établissements voisins.
C'est, aussi, à ce niveau que la dimension d'autonomie de l'établissement public local d'enseignement (EPLE) prend tout son sens.
Il nous revient d'établir des choix, des priorités afin d'atteindre la réalisation de l'objectif que la Nation fixe à son système d'enseignement.
A nous de voir si nous privilégions tel ou tel niveau en allègeant les effectifs des divisions ou bien de ceux des groupes de langues, si nous mettons plus de moyens sur telle disciplines ou une autre...
Nous avons, pour nous aider à établir les meilleurs choix possibles, des conseils, des instances internes à l'établissement : conseil d'enseignement (par discipline), conseil pédagogique (interdisciplinaire) et conseil d'administration (et sa commission permanente).
Si nous sommes, bien évidemment, contraint par la dotation et les objectifs nationaux, nous disposons d'une marge de manoeuvre. Comment nous l'approprions-nous ?
Restons-nous dans des schémas classiques types un enseignant, une classe, une discipline, une salle ou bien essayons-nous d'autres configurations ? Il est possible de "casser" les groupes classes, d'organiser des co-enseignements, de proposer des démarches de projet...
Acceptons-nous, simplement, le principe de discussions préalables ouvertes sans tabou, ni a-priori ?
En cas de réponse négative, la démarche s'arrête très vite et l'affrontement est quasi inévitable.
En revanche, en cas de réponse positive, les échanges peuvent amener des démarches et des solutions "hors-normes" génératrices d'innovations et de cohésion d'équipe ainsi que des sentiments d'appartenance à un établissement.
Ce n'est envisageable que si l'ensemble des partenaires acceptent d'aller vers l'autre sans a-priori dans un esprit de réussite et d'adptation aux élèves de l'établissement.
C'est le côté agréable et motivant de la fonction de chef d'établissement.