Remplacement et recrutement (2)

Publié le par perdir01

Une question directement en lien avec le remplacement est celle du recrutement. En effet la solution évidente pour améliorer le taux de remplacement est d’avoir plus de personnel pour effectuer ces missions ! Au-delà des réserves émises dans le texte précédent, il existe, à mon sens, des freins pour ne pas dire des limites à cette logique.

 

Le statut

 

Le premier élément de frein à cette logique vient du statut général des fonctionnaires. Encore que, en disant cela, je commets un abus de langage car la caractéristique à laquelle je pense, ici, a été élevée en dogme par les représentants syndicaux alors qu’elle n’est indiquée nulle part dans les textes : la garantie de l’emploi !

 

En abordant ce point j’aborde l’un de ces sujets sensibles si nombreux dans notre institution. Toutefois, si on garde cette idée il faut comprendre notre ministère dans ses réticences à ouvrir largement les vannes du recrutement ! Dans une bonne gestion à  la fois des ressources humaines et des finances publiques, on ne peut que comprendre cette position. D’autant plus dans le contexte actuel d’augmentation de la longueur d’une vie professionnelle… Engager l’avenir sur la base de besoins actuels, en sachant qu’il ne sera pas possible d’adapter ensuite, refroidit, je pense, tout bon « gestionnaire » d’activité !

 

Alors s’il est vrai que le mythe d’une carrière entière réalisée dans une entreprise ou administration unique transcende le clivage public/privé cela ne me paraît pas vraiment être une perspective attrayante pour tous. De même je ne pense pas que cela puisse convenir à une « bonne » administration d’une société ou structure publique.

 

La formation

 

Autre question sensible actuellement…

L’enseignement est l’un des rares secteurs où on procède d’abord au recrutement et ensuite on forme la personne recrutée ! Et quand je dis qu’on forme, c’est par « gentillesse » tant je trouve cette formation inadaptée aux missions réellement confiées aux enseignants. Malheureusement les évolutions actuelles qui me paraissaient intéressante au début de leur discussion ont complètement failli à leur objectif ! Il faut se rendre à l’évidence nous ne formons pas d’enseignant dans notre pays. On se repose sur deux idées : un niveau élevé de connaissances disciplinaires et l’apprentissage sur le tas ! Ces deux éléments sont sensés garantir la qualité de nos enseignants…

 

Je vois deux conséquences : on leurre les personnes intéressées par ce beau métier et notre institution peine à former ces personnels… J’aurai l’occasion de revenir sur cette question plus en détail.

 

La rémunération

 

Il de notoriété publique que nos enseignants n’ont pas une rémunération à la hauteur de leur qualification et l’évolution est faible au cours la carrière. Si je suis d’accord avec la première partie je suis plus réservé quant à la seconde.

 

Aujourd’hui il est demandé à un enseignant d’obtenir un master pour présenter les concours. Il est vrai que le niveau de rémunération est relativement faible par rapport à cet effort de formation qui est exigé pour accéder au métier. En revanche qu’il n’y ait qu’une évolution faible cela me paraît relever d’une certaine logique. En effet, un enseignant reste un enseignant au long de sa carrière, il n’y a donc pas d’évolution conséquente des missions qui justifierait une progression conséquente du traitement…

 

Par ailleurs, la rémunération est très encadrée dans une grille à laquelle il n’est pas possible de déroger. Ensuite, la progression dans cette grille est, elle aussi, très codifiée. Là encore je reviendrai sur cette question ultérieurement dans la cadre d’une réflexion sur la progression de carrière…

 

Enfin dernier élément que j’évoquerais ici est l’obligation de débuter à l’échelon 1 de cette grille sans prise en compte d’une éventuelle expérience antérieure à l’entrée dans le métier d’enseignant. Cet élément est à mettre en relation avec ce que j’indiquais plus haut quant à une éventuelle perméabilité entre l’enseignement et « l’extérieur »… Cette « obligation » la freine inévitablement.

 

Là encore ce sont autant de chantiers qui méritent qu’on s’y attarde. Il faut pour cela accepter de discuter d’éléments qui font aujourd’hui l’objet de tabou : le statut (et son texte fondateur le « fameux » décret de 1950), la formation, la rémunération et la carrière des enseignants. J’aurai l’occasion de revenir sur ces sujets.

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Publié dans Education

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