Unique, ou pas ?!
Le collège unique. Voilà une idée qui occupe les esprits depuis sa "création" en 1975. Il focalise les discussions entre les tenants d'une école "identique" pour tous et ceux qui, au nom d'une individualisation des parcours, veulent mettre en place des voies ou filières de formation.
Aujourd'hui, tout jeune voit sa scolarité débuter à l'école maternelle (à 3 ans 97% des enfants sont scolarisés) et il reste élève jusqu'en fin de collège (au moins).
Il lui est proposé un parcours "balisé" tant en termes de classes, de programme que de durée pour le réaliser. Si, par malheur, un enfant ou un jeune ne s'inscrit pas dans cette logique il lui est proposé soit un doublement (voir là ce que j'en pense), soit de poursuivre sans plus d'accompagnement (parce que quoi qu'on en dise les PPRE sont rarement réellement mis en place) !
En appui, nous pouvons disposer des réseaux d'aide (RASED) ou, dans le second degré, des sections d'enseignement général et professionnel adpaté (SEGPA). Les premiers, au delà de la question de la suppression des postes, ne proposent véritablement qu'une prise en charge très partielle. Les secondes sont une filière de formation qui, si elles apportent un début de réponse pour des jeunes rencontrant de grosses difficultés, n'en demeure pas moins un accroc au principe du collège unique.
Par ailleurs nous entendons aussi l'ampleur des difficultés que notre système rencontre à faire acquérir les savoirs nécessaires à toute personne pour mener une vie de citoyen. Que faire ?
Jusqu'à présent la réponse a très souvent consisté à tenter de diminuer les effectifs par classe (plus d'enseignants), de "donner plus à ceux qui ont moins" (ZEP et leurs évolutions)... Le constat actuel est que nous sommes loin, très loin, de la pleine réussite malgré des évolutions intéressantes dans les établissements (1er et 2nd degrés) de l'éducation prioritaire.
Si depuis maintenant plusieurs années le nombre d'enseignants baisse régulièrement le fait d'en avoir plus n'a pas fait preuve, non plus de son efficacité !
Que faire ?
Et si nous remettions à plat notre mode de fonctionnement ?
Et si nous sortions de ce principe qui organise le fonctionnement de nos collèges : une discipline, une classe, un enseignant, une heure de cours ?
Si nous maintenons nos "programmes" tels qu'actuellement cela ne servira pas à grand chose.
Si nous maintenons la formation des enseignants telle que nous la connaissons aujourd'hui cela ne changera pas non plus !
Si nous désirons voir la situation évoluer il nous faut changer en profondeur. Il est nécessaire que nous modifions fondamentalement l'ensemble des composantes de notre système. Nous devons rechercher des changements concernant l'organisation, les contenus et les personnels.
Dans le cas contraire nous allons, probablement, soit construire un nouveau "dispositif" (et donc remettre un peu plus en cause le collège unique) qui ne sera qu'une rustine ou un cache misère supplémentaire soit nous poursuivons avec ce que nous connaissons aujourd'hui avec les résultats qui sont considérés, par tous, incceptables !
Avec un dispositif "nouveau" nous prenons un double risque de ségrégation sociale et d'une Ecole à plusieurs niveaux...
Je pense qu'il nous faut sortir du collège façon petit lycée et véritablement poursuivre la réflexion sur les besoins fondamentaux permettant aux jeunes de poursuivre une formation ambitieuse et sur les moyens de les faire acquérir par tous ! Alors nous pourrons peut être, enfin, parler de collège unique et de réussite pour tous...